Parcours Sup : Pourquoi attendre ?
Certains jeunes n’ont pas encore fait leurs vœux. Parcours Sup est une mine d’informations. Ce n’est donc pas dû à un manque d’information, mais plutôt à des appréhensions.
Pour certains adolescents, il peut y avoir une forme d’autocensure. Comment s’autoriser à croire en un avenir différent que celui que la vie a imposé jusqu’à présent ? Comment croire en soi ?
Parfois encore, alors que toutes les cartes semblent réunies, des jeunes ont le vertige face au choix. « Puisque tu peux tout faire. Il n’y a pas de problème ». Et bien justement, ce n’est pas si simple. Il faut quand même trouver une direction sans s’enfermer.
Enfin pour d’autres, le grand huit des émotions bouscule les perceptions. Les maux de notre société et l’opposition au monde des parents, peuvent rendre les projections dans l’avenir douloureuses. Les discussions en famille peuvent être animées malgré tout l’amour.
Alors déjà, pour commencer, avant de savoir où aller, il est utile de mieux savoir qui l’on est.
Quels goûts ? Quels atouts ? Quel profil de personnalité ? Quels besoins ? Quel moteur de motivation ?… Pas facile à 17 ou 18 ans alors qu’il reste encore tant de choses à découvrir. Le dialogue et des outils peuvent aider.
Une meilleure connaissance de soi aide à dégager des grandes lignes qui cadrent la recherche de formations. Selon le profil de l’adolescent, le choix sera guidé par l’appétence pour une matière, par l’attirance pour un univers/métier, ou encore par d’autres facteurs (contexte, taux d’emploi, besoins spécifiques, valeurs etc.). Et au-delà, des questions existentielles prendront quelquefois le pas sur tout le reste.
Bien entendu, la sélectivité des formations et la « concurrence »entrent en jeu. Il va falloir réfléchir à sa stratégie. Il faudra étalonner ses vœux en fonction des taux d’accès, des critères de sélections et des forces et faiblesses du dossier. Prévoir quelques options ambitieuses et des pistes pour sécuriser. Et, même si le dossier est globalement d’un bon niveau, il y aura forcément une phase de sélection. Il n’y a tout simplement pas autant d’offre que de demande dans certaines formations dans certaines villes.
Donc, d’une part, il est préférable de bien préparer le dossier de Parcours Sup pour rendre compte de la richesse de son profil. Dans beaucoup de formations, les notes ne sont pas les seuls critères. Les organismes veulent s’assurer de l’adéquation entre le jeune et son projet et de sa réelle motivation.
D’autre part, il existe des voies de formation plus rares méritant d’être explorées.
Pour tout cela, il est plus facile d’être accompagné individuellement. Les tests et moteurs de recherche en ligne peuvent aider, mais les singularités ne peuvent être prises en compte que par un accompagnement humain de qualité. Selon moi, à minima, il faut un ou deux entretiens approfondis, et s’il a le temps, un bilan d’orientation.
54 % des jeunes regrettent leurs choix d’orientation selon l’étude Jexplore / Opinion Way de 2024. Un sur deux. C’est tout de même beaucoup. Cela entame souvent la confiance en soi. Toutefois la réorientation donne aussi l’occasion de bien réfléchir à la suite.
Prévoir des plages horaires pour avancer sur son dossier est un bon début. Les vacances scolaires sont une solution de dernière minute. Pour conclure, il est possible de « réussir » sa vie professionnelle sans formation, mais c’est franchement plus difficile. La formation (qu’elle soit universitaire ou plus pratique) reste un atout.


